Mesdames
et messieurs,
je
n'ai jamais osé vous le dire, par pudeur,
mais
c'est fou ce que je vous aime !
Je
n'ai vécu que pour vous,
et
je suis prêt à mourir pour vous,
là,
tout de suite... sur scène...
si
vous le souhaitez !
...
Je vous savais gens intelligents !

Oui,
je voudrais mourir sur scène, comme Molière!
Même
pas dans un fauteuil.
Un
strapontin suffirait à ma gloire!
(Au
pianiste.)
Savez-vous
une chose...
si
je mourais là, tout de suite,
devant
ces messieurs-dames,
je
ne suis pas sûr que dans la salle,
il
n'y aurait pas quelqu'un qui crierait: \
«Remboursez!»
(Au
public, l'air sévère) .
Alors
là, mesdames et messieurs,
mettons-nous
bien d'accord !
Qu'il
n'y ait personne pour suivre
mon
enterrement comme pour Molière,
je
veux bien !
Qu'il
n'y ait pas d'oraison funèbre,
comme
pour Molière,
je
veux bien !
Mais
rembourser ?
...
JAMAIS !
D'ailleurs,
vous savez fort bien
mesdames
et messieurs,
qu'avec
la conscience professionnelle qui me caractérise,
s'il
fallait que je meure devant vous,
ce
serait à la toute fin du spectacle,
avant
que le rideau ne tombe,
dans
la tradition moliéresque!
Presse
Pocket – p 1175